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Tantra Yoga : Une autre expérience est possible.

Dernière mise à jour : 5 déc. 2022


“Nous pourrions simplement demeurer assis avec l'énergie de notre émotion et la laisser passer”. Pëma Chodron


Et pourtant, en réalité, qui fait ça ? Combien d’entre nous aurons l’idée, et quand bien même l’idée viendrait, aurons le courage, l’envie, l’aptitude de l’expérimenter. Demeurer assis, avec son émotion, laisser tourner son monde intérieur sans s’y accrocher. Sans minimiser ou aggraver quoi que ce soit. Demeurer ici, présent, avec tout ce qui est là. Un point c’est tout. Qu’est ce que cela changerait finalement … ?


Force est de constater que nous avons mis en place un mécanisme assez saugrenu. Envers nous même, envers les autres aussi. Certains sont brimés dès la petite enfance, pour d'autres c’est un schéma qui s’immisce avec le temps. Réprimer ses émotions. “Bonnes” ou “mauvaises”. Il ne faudrait pas rire trop fort, on pourrait se faire remarquer, quant au fait de pleurer, aïe… Retenons nous un peu bon sang, cela pourrait gêner l'assemblée. Alors on enfouit, on atténue, on lisse. Et quand on échange, entre deux bises, un “ça va ?”, nous voilà à répondre machinalement un oui souriant et socialement acceptable. N’est ce pas ?


Seulement parfois, l’émotion est tellement vive qu’on ne sait juste pas quoi en faire. Et si on se permettait de la vivre ? Pleinement. Sans pincette ni gants de velours. Sans se dire qu’on met ça de côté et qu'on verra plus tard. Parce que les émotions peuvent s’accumuler et devinez ce qu’il se passe quand on remplit un réservoir sans jamais laisser le liquide s’écouler, il déborde !


La philosophie tantrique nous invite à plonger dans l’expérience de la vie. Ici je n’aborde que le thème des émotions, le tantra, bien sûr, propose une vision bien plus vaste. Mais chaque chose en son temps…


Revenons en donc à nos - diverses et si variées - émotions. Quelque chose d’autre me vient : Pourquoi cette tendance à se cacher quand on ne va pas bien ? Pourquoi avons-nous tant peur des mots, des émotions, des moments de moins bien. Pourquoi cela nous met-il si mal à l’aise ? Et après tout, pourquoi cela serait-il un problème ? Aurions nous peur d’être vulnérable ? De montrer nos “faiblesses”. Comme si l’aveu d’un moment de moins bien nous cantonnait immédiatement dans la case de “celui ou celle qui est comme ci ou comme ça”. Sauf que dans les faits, il n’en est rien. La vie n’est que mouvement, et nous sommes perpétuellement en évolution. Dans un sens ou dans un autre, la plupart du temps, ça bouge. Ce n’est pas parce qu’on confie à quelqu’un qu’à un instant T nous nous sentons dans tel état ou ressentons telle chose, que cet état doit nous définir, devenir permanent et nous coller à la peau pour le reste de nos jours.

Réfléchissez… Est ce qu’on ne fait pas ça tout le temps finalement ? Mettre les gens, les marques, les événements, dans des cases. Peut être parce que cela nous rassure, nous cadre. En réalité, nous créons inconsciemment nos propres limites. Et le cercle se referme en même temps que notre vision du monde, des autres et de nous même.


Par exemple, avec nos émotions nous sommes très paradoxales ! Nous acceptons volontiers et sans broncher les moments de joie, de bonheur, de légèreté, pourtant il nous est très difficile d’accepter purement et simplement les moments ou l’inverse se manifeste. Je n’ai jamais vraiment compris ce phénomène humain. Particulièrement occidental sans doute. Pourquoi accepter et cautionner seulement une partie de la vie ? Uniquement le bon côté de la pièce. Comme si le côté face devait rayonner toujours plus pour laisser le côté pile dans l’obscurité. C’est un non sens après tout. Lorsqu’on mange un gâteau, on aime tout le gâteau. On ne choisit pas uniquement les ingrédients qui nous plaisent séparément les uns des autres. Le gâteau final n’aurait pas la même saveur sans la totalité des ingrédients. Vous voyez ou je veux en venir ? Et bien oui. La vie nous propose une gamme pour le moins large d’émotions, de sensations, d’expériences. Pourquoi ne ferions-nous pas comme pour le gâteau ? Accepter que tout peut être vécu. Arriver à un stade même où tout veut être vécu. Ce que nous qualifions de “bon, bien, agréable” et ce que nous identifions de “mauvais, difficile, désagréable”. Après tout, pourquoi de telles étiquettes ? Qui a décidé que pleurer égale faible et que sourire égale force ? Et si on envoyait valser nos carcans et nos étiquettes, que se passerait-il ? Vous seul pourrez en faire l’expérience.


Comme le soleil et la lune, la nuit et le jour, le blanc et le noir, ne pourrions nous pas tout simplement être ok avec le fait d’aller bien et du coup, de ne pas aller bien ? Est ce réellement un drame ? Je ne crois pas. C’est un drame si on décide que s’en est un. Mais si on observe tout cela sous un prisme différent c’est une toute nouvelle expérience de vie qui s’offre à nous. Un nouveau mouvement s’insuffle. Une sorte d’apaisement peut alors émerger et le jugement (envers soi mais aussi envers les autres) se dissout…


Parce que le pire dans cette histoire, c’est que c’est exactement en faisant ça qu’on donne encore plus d’importance à la chose. Je m’explique. Ne vous est-il jamais arrivé de cacher quelque chose? Quoi que ce soit. La chose en question prend de l’ampleur dans votre tête, grignotant au fur et à mesure un peu plus de place dans votre charge mentale. Ça tourne en rond mais surtout : ça reste. Ça stagne en quelque sorte. Et on continue de faire vivre en nous ce qu’on voudrait fuir.


A l’inverse, avez-vous déjà remarqué comme le fait de parler ou d’exprimer d’une quelconque manière une émotion la faisait passer. Elle se déplace d'elle-même. D’où le terme “traverser”. On est OK de se laisser traverser par une émotion. Parce qu’on est OK pour la laisser passer… Sans s’y accrocher. Sans créer toute une histoire autour de ça. Sans monter de toute pièce un personnage, un scénario, un film complet qui ne se produit finalement que… dans notre tête.


J’observe souvent ma sœur dire à son fils, lorsque ses émotions l’envahissent : “qu’est ce que tu ressens ? Tu es en colère ? Tu as le droit d’être en colère. Crie. Tape des pieds, mord cette peluche, etc…”. Je trouve ça fantastique ! Premièrement, elle lui permet ainsi de nommer son émotion. Ca, c’est posé. Ensuite elle lui donne l’opportunité de l’exprimer, de la vivre. Pour finalement s'en libérer. Et la colère passe… Comme elle est venue. Elle n’est pas stocké quelque part prête à ressurgir plus tard. Parce que oui, une émotion enfouie ne s’envole pas. Si elle n’est pas libérée, exprimée, vécue, elle reste forcément quelque part. Et c’est ainsi qu’on s’alourdit… Au fil du temps. Nous pouvons éviter cela. En quelque sorte et si on le souhaite.


Notre plus grand malheur, nous le créons souvent nous même. On s’accroche aux choses. On s’y agrippe de toutes nos forces. Même quand celles-ci nous font du mal. Ça me fait penser à une chanson de Rose qui dit “Je l'avais dans la peau le chagrin, Je m'en étais fait un bon copain”. Ici elle assume et admet que oui, son chagrin était devenu un compagnon. Seulement parfois on ne s’en rend même pas compte. Et cela peut toucher tous les domaines de nos vies, toute la palette de nos expériences. En quelque sorte, on se retrouve à bloquer nous même notre propre mouvement. Comment ? En s’accrochant de toutes nos forces, pardi !


Essayez, la prochaine fois que vous n’allez pas bien, ou que l’angoisse surgit de nulle part, ou encore qu’une joie immense vous envahie, de juste observer. Et surtout, donner l’intention de vivre pleinement ce truc qui vous arrive. Ne plus essayer de le fuir. Y aller. Volontairement. Profondément. Je ne sais absolument pas ce qu’il se passera pour vous. De mon côté, j’observe qu’en faisant ça, je peux dire que tout “passe”. Parce que oui il y a le fait de vivre pleinement “la chose”, vient ensuite le fait d’accepter de la laisser partir… Dans nos façons de faire, il est fort possible qu’on bloque et l’un et l’autre.


Bien sur cette approche et le sujet sont particulièrement délicats. Certains s'insurgent de lire de telles affirmations. Parce qu'évidemment au moment où nous étudions cette philosophie, nous pensons aux plus grands drames de la vie. La plupart d'entre nous n’ont pas envie d’entendre que, pour quelqu’un qui a subi quelque chose d’atroce, il faudra lui dire que ce n’est “ni bien ni mal et qu’il s’agit uniquement de vivre ses émotions”. Bien entendu que ce n’est pas si simple. Bien entendu qu’il y a des paradoxes dans tout ça. Le fait est qu’intégrer une telle capacité d’observation et de résilience, transforme notre manière d’appréhender la vie.


Il n’est pas question de tout laisser couler, de penser que rien n’a d’importance et que tout arrive pour une raison. Il ne s’agit pas non plus de ne plus rien ressentir. Au contraire, il s’agit de ressentir enfin pleinement. Pour de vrai. Il ne nous est pas demandé de devenir des personnages sans émotions et sans aucune notion de rien. Ce n’est pas la proposition. D'où la subtilité que chacun interprétera à sa manière.


Je vous invite tout de même à essayer. Après tout les mots nous mettent sur le chemin mais il n’y a qu’en nous qu’on peut sentir les choses. Huit milliards d’être humains, huit milliards de mondes différents. Trois propositions ici :


  • Observer la quantité d’étiquettes qu’on appose sur les choses, les gens et sur nous même. Voir ce qu’il pourrait se passer si on se détachait de ces étiquettes en questions. (exemple d'étiquette : "il faut être souple pour faire du yoga" - "Ah moi je suis impatiente" - "Ceci n'est pas pour moi parce que moi je suis ..." - "Elle est toujours en retard" - "Il fait toujours la gueule" - "Je suis dépressive" - "Il est instable", etc...)


  • Se permettre de vivre pleinement l’émotion quand elle se pointe. Et bien évidemment, cela devient plus challengeant pour les émotions dites “dérangeantes, difficiles voire insupportables”.


  • Observer les étiquettes et émotions auxquelles on s’accroche. Celles qu’on ne veut pas laisser partir. Et décider ensuite, consciemment, de ce qu’on veut faire de ça.


Voilà comment une partie du Yoga et du Tantra s'immisce dans nos vies quotidiennes. Chacun est libre de mener sa barque comme il l’entend. Toutefois nous vivons dans un monde fascinant où l'information est à portée de main. Depuis la nuit des temps, moultes expérimentations, philosophies et idées ont émergé. Alors quand on sent qu’on voudrait et pourrait changer quelque chose, pourquoi ne pas tenter l’expérience ?


Si le cœur nous en dit, permettons nous de mettre de côté nos histoires et nos étiquettes pour vivre ce qui est. Cette fois-ci pour de vrai.


Signée : Celle qu’on appelle Charlène.



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